L’ÉCART DE CONFIANCE | DAREto

L’ÉCART DE CONFIANCE

L’ÉCART DE CONFIANCE

Alors qu’elles étaient plutôt en charge des tâches domestiques, les femmes ont vu leur position s’améliorer de manière considérable au cours du siècle dernier. De nos jours, dans de nombreux pays, ce sont les femmes qui décrochent le plus de diplômes.

Le sexe « faible », comme on l’a longtemps appelé, s’avère être un véritable atout pour les entreprises. « Engager des femmes, c’est renforcer sa rentabilité et ses performances », selon plusieurs études menées par Goldman Sachs et l’Université de Columbia. Les compétences des femmes n’ont jamais autant été reconnues… Quant à la confiance, autre vecteur fondamental de l’ascension professionnelle, elle est encore très mal répartie selon les sexes.

  • Un sentiment d’imposture

L’écart de compétences s’est comblé. Pourtant, les femmes brillent par leur absence aux comités de direction et aux conseils d’administration et cela ne s’améliore pas. Interrogées par The Atlantic en avril dernier, nombreuses sont les femmes qui confient leurs incertitudes quant à leur situation professionnelle. Même lorsqu’elles atteignent les plus hautes sphères de l’entreprise, les femmes sont en proie au doute : « Ai-je mérité ce poste ? », « Suis-je suffisamment qualifiée ? ». Il subsiste une autocensure qui bride les femmes. À un niveau de compétences équivalent, le manque de confiance des femmes les pénalisera en faveur des hommes. Si ces derniers se présentent pour un poste alors qu’ils ne remplissent que 60% des exigences, les femmes, elles, attendent de maîtriser tous les sujets qui leurs sont demandés avant de se lancer (Hewlett Packard, 2008). Sheryl Sandberg, directrice des opérations, avouait d’ailleurs qu’elle a « parfois l’impression d’avoir usurpé sa place ».

  • Un manque de confiance injustifié

La différence des salaires, quant à elle, tire partiellement son origine de l’incapacité des femmes à entamer des négociations. Les hommes sont quatre fois plus enclins à négocier une augmentation que les femmes, d’après Linda Badcock, auteure de Women don’t ask. Elle révèle par ailleurs qu’à compétences égales, les hommes évaluent leur travail à 80 000 $ par an, contre 64 000 $ annuels pour les femmes, soit 20% de moins ! Il n’est pas rare de constater que les femmes sous-évaluent leurs performances. Au lycée déjà, elles sont pessimistes en sortant d’un contrôle. Une étude menée par deux psychologues américains David Dunning, inventeur de l’effet Dunning-Kruger (plus on est compétent, plus on se sous-estime) et Joyce Ehrlinger démontre ce manque de confiance de la part des femmes. L’étude consistait à faire passer un test de sciences à un panel de volontaires et de leur demander leurs impressions sur la note finale. En moyenne, les femmes pensaient obtenir 5,8/10 tandis que les hommes s’octroyaient une note de 7,1/10. En définitive, elles ont obtenu une moyenne de 7,5/10 contre 7,9/10 pour les hommes.

Le manque de confiance conjugué à ce sentiment d’imposture peut agir comme un frein à la progression des femmes et à leur accès à des postes à responsabilité. Les femmes doivent avoir confiance en elles-mêmes pour ne pas mettre en péril leur succès. En sachant saisir des opportunités (nouveau poste, expatriation, agrandissement de l’équipe, etc.), elles peuvent véritablement pendre leur carrière en main.

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