LA REPRESENTATION DES FEMMES DANS LA SANTE | DAREto

LA REPRESENTATION DES FEMMES DANS LA SANTE

LA REPRESENTATION DES FEMMES DANS LA SANTE

Si la théorie a définitivement démontré que les organes reproducteurs ne sont pas l’unique différence physiologique entre hommes et femmes, cette distinction est encore loin d’être appliquée dans la santé au quotidien.

Lors du Forum de la Mixité, Véronique Forge de « Business O Feminin » nous a aidé à dresser le bilan de la mixité dans la santé : les femmes sont-elles équitablement représentées?

A l’écoute des différentes interventions de cette table ronde le constat n’a pas manqué de nous surprendre.

Dans son livre « Le sexe des maladies », Peggy Sastre constate que notre perception des pathologies est inconsciemment soumise aux genres : l’AVC étant considéré masculin, et le cancer du sein féminin. Alors que si les maladies font effectivement des différences entre les sexes, c’est au niveau des symptômes. Pour reprendre l’exemple de l’AVC ceux-ci sont très distincts chez les hommes et chez les femmes.

Peggy Sastre constate également que les femmes sont moins bien représentées dans les études :
Non seulement 80% des cobayes de laboratoires sont de sexe masculin. D’où des traitements thérapeutiques inadaptés aux différences de constitution entre homme et femme. Mais c’est aussi le cas lors des essais cliniques : les femmes n’y sont représentées qu’à hauteur de 20%.

Ce dernier fait est d’un côté dû à des problèmes de méthode : la médecine a longtemps considéré la physiologie féminine comme l’égale de l’homme, en plus petit. Sauf qu’au-delà des différences d’organes génitaux, les métabolismes de chaque sexe réagissent différemment aux environnements, traitements médicamenteux…

D’un autre côté, cette « absence » féminine est due à un manque de volontaires :
Sans compter les répercussions de scandales comme celui de la thalidomide, les femmes passant la plupart de leur vie en âge de procréer, les tests de médicaments présentent beaucoup plus de risques pour elles, par conséquent un « attrait » moindre.

De cette inégale représentation des sexes dans les études découlent des traitements aux effets inégaux sur les hommes et sur les femmes.

Point très largement soulevé concernant les tests cliniques des antirétroviraux (ARV – traitement du HIV) sur les femmes. Celles-ci représentant plus de 50% des séropositifs dans le monde, elles ne participent pourtant qu’à hauteur de 20% aux tests alors que les effets secondaires des ARV sont beaucoup plus forts au sein de cette population.

Le constat final, tout aussi surprenant que les précédents, est que malgré une sous-représentation flagrante dans les études, les statistiques révèlent que dans 90% des foyers ce sont les femmes qui prennent en charge la santé (rendez-vous, pharmacie, suivi, emmener les enfants chez le médecin).

Mais rassurons-nous, la bonne nouvelle en attendant le 50/50 c’est que les femmes bénéficient jusqu’à la ménopause d’une meilleure protection face à la maladie grâce aux œstrogènes présents à haute dose dans leur organisme.

Pour aller plus loin :
Le sexe des maladies – Peggy Sastre
Les maladies ont elles un sexe – Arte 2014

No Comments

Sorry, the comment form is closed at this time.